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janvier 29, 2026

Podcast avec Valérie Zapico – Valkuren S02E06

Valérie Zapico
CEO de Valkuren

À propos de cet épisode

Valérie Zapico, fondatrice et PDG de Valkuren, explique comment son entreprise aide les organisations à exploiter leurs données via l'optimisation industrielle, la mobilité intelligente et les agents IA souverains hébergés en Europe. Elle partage sa philosophie bootstrap sur dix ans, son engagement pour la parité dans la tech avec une équipe 50-50, et ses ambitions de devenir la référence PME pour la transformation IA en Europe avec une maîtrise totale de la chaîne de valeur.

De statisticienne dans l’aéronautique à PDG d’une deep tech bruxelloise. Le parcours de Valérie Zapico illustre comment transformer une expertise technique en impact business concret. L’entreprise Valkuren incarne l’esprit deep tech, big data et intelligence artificielle à Bruxelles.

Elle vient nous parler de Valkuren dont elle est fondatrice et PDG, et de leur plateforme qui aide les organisations à débloquer le pouvoir de leurs données à travers l’optimisation industrielle, la mobilité intelligente et les agents IA souverains. Leur promesse ? Mettre en valeur les données de l’entreprise avec une rigueur médicale dans un contexte de bien-être digital.

Ce qui m’a marqué : « On met en valeur les données de l’entreprise, que ce soit par une intégration des différents outils ou par le biais de l’intelligence artificielle qui permet de passer à un niveau supérieur encore. »

Résultat concret : Tout d’abord, dix ans de présence sur le marché sans lever de fonds. Ensuite, une équipe paritaire de dix collaborateurs avec 50% de femmes. De plus, trois axes stratégiques maîtrisés avec des briques technologiques réutilisables. Enfin, une croissance bootstrap qui privilégie la rentabilité sur le volume.

Leur approche ? En premier lieu, partir de l’agrégation de toutes les sources de données disponibles. Par ailleurs, enrichir ces données avec des analyses prédictives et de la simulation. Au contraire des outils ERP lourds, Valkuren se positionne au-dessus pour donner une vision 360. De surcroît, l’entreprise développe ses propres agents IA souverains sur serveurs hébergés en Europe.

Valérie applique son expertise aéronautique aux défis industriels actuels. D’une part, elle maîtrise les statistiques avancées sur bancs d’essai de turbomoteurs. D’autre part, elle adapte ces méthodes aux nouvelles volumétries de données et aux enjeux de mobilité urbaine.

Secteurs clients : grandes PME, ETI, corporates dans l’industrie, la mobilité et les services. Cycles de vente de trois à six mois pour les PME avec besoin de ROI rapide, plus long pour les corporates avec validation POC et conformité RGPD. En effet, les PME n’ont pas le temps d’attendre comme un grand groupe pour voir les résultats.

Vision à moyen terme : devenir la référence d’accompagnement pour les PME dans leur transformation IA en Europe. Renforcer la souveraineté des données avec des solutions hébergées localement. Développer la productisation des briques technologiques pour accélérer le déploiement. Par conséquent, Valkuren se positionne comme l’alternative européenne aux solutions américaines de type SaaS.

Contexte favorable : la géopolitique pousse vers la souveraineté numérique européenne. Les PME doivent se digitaliser rapidement pour rester compétitives. La réglementation européenne sur les données favorise les acteurs locaux maîtrisant toute la chaîne de valeur.

Son conseil aux entrepreneurs deep tech : « Revenir à la base. Comprendre les mécanismes fondamentaux avant d’aller vers le no-code ou les outils générateurs. C’est comme passer son brevet de pilote en apprenant d’abord la navigation sans instruments. »

Philosophie : la mixité et la diversité génèrent plus d’intelligence collective. Sa vision ? Construire une entreprise où l’équilibre des genres et la souveraineté technologique créent un avantage concurrentiel durable.

Alors, Pile ou SaaS ?

Big Data industrielle : Valérie Zapico de Valkuren transforme les données en leviers

Valérie Zapico a fondé Valkuren fin 2014 à Bruxelles. Statisticienne de formation, elle a démarré sa carrière sur les bancs d’essai de turbomoteurs d’hélicoptères à Toulouse. Elle a ensuite évolué dans plusieurs grandes corporations avant de créer sa propre société de conseil puis Valkuren.

Aujourd’hui, Valkuren aide des organisations de tous secteurs à exploiter leurs données. La plateforme agrège les informations dispersées dans différents systèmes ERP, CRM et réseaux sociaux. Résultat : des entreprises qui passent du pilotage basique à la simulation et la prédiction.

Dans cet épisode, Valérie partage comment elle a construit Valkuren en bootstrap sur dix ans, pourquoi la souveraineté des données est devenue un enjeu stratégique, et comment la diversité renforce l’innovation dans l’IA.

De l’aéronautique toulousain à la deep tech bruxelloise

Valérie a toujours évolué dans des environnements techniques exigeants. Tout d’abord, elle réalisait des statistiques sur bancs d’essai de moteurs d’hélicoptères. Ensuite, elle a travaillé dans plusieurs grands groupes IT où elle était souvent la seule femme. De plus, cette expérience lui a donné une vision claire de l’importance de la diversité.

« J’ai toujours évolué dans des milieux côté IT où j’étais la seule femme. C’était aussi l’idée de dire que les femmes ont une valeur à apporter dans ce domaine. » Cette conviction la pousse à créer Valkuren avec une ambition claire. Bâtir une entreprise tech avec une équité de genre exemplaire.

Son passage par plusieurs corporations lui apprend à gérer des projets complexes. Elle maîtrise la business intelligence, le project management, les ressources humaines. Toutefois, elle identifie une lacune dans ses compétences. Le business development, le commercial et le marketing. Pour combler ce manque, elle reprend des cours et se forme continuellement.

Cette autodiscipline lui permet de devenir PDG complète. Elle représente Valkuren en première ligne. Elle développe les partenariats stratégiques. Elle structure les offres commerciales. En effet, cette polyvalence est indispensable pour une fondatrice de deep tech.

Comment Valkuren agrège et valorise toutes les données

Valkuren part d’un constat simple. Les entreprises possèdent des données dispersées dans de nombreux systèmes. ERP lourds comme SAP. Outils CRM. Plateformes réseaux sociaux. Sites de recrutement. Chaque outil fonctionne en silo. Résultat : aucune vision globale.

La plateforme Valkuren se positionne au-dessus de ces couches. En premier lieu, elle agrège toutes ces sources de données. Ensuite, elle nettoie et consolide les informations. Par ailleurs, elle applique des algorithmes de machine learning pour identifier des patterns. De surcroît, elle permet de créer des dashboards de pilotage, puis de la simulation, puis de la prédiction.

« On met en valeur les données de l’entreprise. L’objectif est d’avoir des leviers faciles avec les données des entreprises ou des données qu’on va chercher à l’extérieur. » Cette approche évite aux clients de construire leur propre data lake. Valkuren leur fournit directement les insights actionnables.

Par exemple, dans l’optimisation industrielle, Valkuren analyse les données de production. Elle identifie les goulots d’étranglement. Elle simule l’impact de différents scénarios. Elle recommande les ajustements optimaux. Tout cela sans que l’industriel ait besoin de recruter une équipe data science complète.

Trois axes stratégiques : Industrie, mobilité, souveraineté

Valkuren structure son offre autour de trois domaines. Tout d’abord, l’optimisation industrielle. Valérie garde un attachement fort à l’aéronautique et au monde industriel. Elle applique des méthodes statistiques avancées aux processus de production actuels. Toutefois, les volumétries de données ont explosé depuis ses débuts.

Ensuite, la mobilité intelligente. Valkuren a travaillé longtemps pour la STIB à Bruxelles. L’équipe a développé toute l’analyse data pour l’application Floya, leur solution Mobility as a Service. « La mobilité, c’est une question importante pour toute grande région. Ça reste un challenge. » Cette expertise mobilité devient un différenciateur fort.

Enfin, les agents IA souverains. Ce positionnement découle directement du contexte géopolitique. « On n’est pas à l’abri, demain on peut avoir une prise coupée d’un côté. Il faut savoir évoluer sans connexion globale. » La souveraineté signifie deux choses. D’une part, héberger les données sur le territoire européen. D’autre part, maîtriser toute la chaîne de valeur du début à la fin.

Valkuren développe ses propres agents IA. Pas de dépendance à ChatGPT ou autres solutions américaines. Pas de rétention de données par des tiers. Tout est stocké sur serveurs contrôlés. Cette approche rassure les clients sur des sujets sensibles. Stratégie d’entreprise. Données financières. Informations personnelles employés.

Bootstrap et briques réutilisables : Le modèle économique

Valkuren n’a jamais levé de fonds. Valérie a construit l’entreprise sur fonds propres depuis 2014. Cette contrainte a forcé une discipline forte. Tout d’abord, chaque projet doit être rentable. Ensuite, les investissements technologiques doivent être amortis sur plusieurs clients.

Le modèle économique repose sur deux piliers. D’une part, la pure consultance. Valkuren renforce les équipes data, IA et innovation des grands groupes. L’entreprise intervient en mode projet pour apporter une expertise pointue. Le cycle commercial est long mais la récurrence est forte.

D’autre part, l’accompagnement PME avec des briques technologiques préfabriquées. « On n’est pas sur du SaaS mais on vient réinstaller des briques qui sont déjà prédéfinies, pré-codées. » Cette approche hybride permet de gagner du temps. La PME voit rapidement le ROI. Entre trois et six mois maximum.

Ces briques concernent les agents IA souverains que Valkuren a développés. Par exemple, un framework d’analyse prédictive. Un module d’agrégation de données multi-sources. Un tableau de bord dynamique personnalisable. Chaque brique est customisée selon le contexte client. Toutefois, le code de base est mutualisé.

Cette stratégie crée un équilibre financier. Les corporates payent des journées de conseil. Les PME paient des projets à valeur ajoutée rapide. Les deux segments se nourrissent mutuellement en termes de learnings.

Cold call et marketplace : Les canaux d’acquisition

Valérie assume pleinement son rôle commercial. « C’est moi qui fais le plus gros boulot. » Elle utilise plusieurs canaux complémentaires. Tout d’abord, son réseau personnel. Dix ans d’expérience créent des contacts précieux. Ensuite, le cold call. « Le cold call fonctionne plutôt bien. » Cette approche directe génère des opportunités qualifiées.

Par ailleurs, Valérie travaille avec des apporteurs d’affaires spécialisés dans différents domaines. Ces partenaires comprennent les verticales sectorielles de Valkuren. Industrie, mobilité, services. Ils recommandent la solution à leurs propres réseaux. De surcroît, Valkuren est présente sur des marketplaces. Ces plateformes génèrent des leads réguliers.

« Clairement, c’est le cold call et la marketplace. » Ces deux canaux performent le mieux actuellement. Le cold call permet de cibler précisément les décideurs. La marketplace apporte un flux entrant plus passif mais qualifié.

Pour les corporates, le cycle commercial démarre par un référencement. Ce processus prend facilement un an. Validation technique. Conformité RGPD. Négociation contractuelle. Toutefois, une fois référencé, Valkuren peut travailler sur la durée. Projets multiples. Équipes diverses. Récurrence forte.

Pour les PME, le cycle est plus court. Entre trois et six mois de la première rencontre au lancement. Ces clients ont besoin de résultats rapides. Ils n’ont pas le luxe d’attendre comme un corporate. Valkuren s’adapte à cette urgence avec ses briques prêtes à déployer.

Ambition Benelux et souveraineté européenne

Valkuren se concentre sur la Belgique et certaines régions françaises. « C’est notre priorité. » Une fois cette base stabilisée, l’ambition géographique s’étend naturellement. Tout d’abord, le Luxembourg. Ensuite, toute la zone Benelux. Par ailleurs, la Suisse romande.

L’Allemagne représente un marché important. Toutefois, la barrière de la langue reste un frein. « Il faut quand même parler allemand. » Valérie lance un appel aux germanophones qui voudraient devenir apporteurs d’affaires. Cette expansion géographique s’appuie sur les partenariats locaux.

La souveraineté des données devient un argument de vente fort. En effet, le contexte géopolitique pousse les entreprises européennes à reprendre le contrôle. Les solutions américaines concentrent trop de pouvoir. Les données stratégiques partent à Palo Alto sans garantie de protection.

Au contraire, Valkuren garantit hébergement européen et maîtrise totale. « La souveraineté, ce n’est pas uniquement se trouver en Europe, c’est pouvoir avoir la maîtrise de l’ensemble de ces données stratégiques. » Cette approche séduit les PME sensibles à leur indépendance technologique.

De plus, Valkuren développe tout en interne. Le chat IA n’utilise pas ChatGPT. Pas de rétention de données par des tiers. Pas de dépendance à des API externes qui peuvent fermer. Cette verticalité technologique crée un avantage défensif durable.

Diversité et intelligence collective dans la deep tech

Valérie préside Women in Big Data à Bruxelles. Cette association œuvre pour la diversité dans la tech. « Il y a plus d’intelligence dans plusieurs têtes qu’une. Et surtout dans une diversité de têtes, de culture, de genre. » Cette conviction n’est pas qu’un slogan. Elle structure l’organisation de Valkuren.

L’équipe compte dix personnes. Moitié femmes, moitié hommes. Cette parité est rare dans la deep tech. Toutefois, Valérie la défend fermement. En effet, la diversité améliore la qualité des développements. D’une part, les biais cognitifs sont réduits. D’autre part, les tests couvrent plus de cas d’usage.

« On n’a pas la même manière de développer ou de tester, qu’on soit homme ou femme. Le fait de mixer les équipes permet de diminuer ces biais cognitifs. » Concrètement, cela se traduit dans l’IA. Les algorithmes entraînés par des équipes diverses commettent moins d’erreurs discriminatoires.

Par ailleurs, cette mixité attire les talents. Les femmes ingénieures cherchent des environnements inclusifs. Valkuren offre cet environnement. Les candidatures féminines sont plus nombreuses que la moyenne du marché. Cette richesse humaine devient un atout recrutement.

Valérie a vécu l’isolement dans les équipes IT masculines. « J’ai toujours évolué dans des milieux où j’étais la seule femme. » Elle refuse de reproduire ce schéma. Elle tend la main aux jeunes femmes qui découvrent la tech. Elle montre qu’une carrière dans la data et l’IA est accessible et épanouissante.

Les leçons de Valérie pour les entrepreneurs deep tech

« Revenir à la base. Comprendre les mécanismes fondamentaux. » Valérie compare l’apprentissage de l’IA au brevet de pilote. Avant d’utiliser les instruments modernes, il faut maîtriser la navigation à l’ancienne. Carte, crayon, calculs manuels.

Cette approche s’applique à l’IA. Avant de faire du no-code ou d’utiliser ChatGPT pour tout, il faut comprendre comment fonctionnent les algorithmes. Machine learning. Deep learning. Réseaux de neurones. Statistiques. Sans cette base solide, on construit sur du sable.

« Aujourd’hui, il y a plein de cours en e-learning qui permettent de se former. Se servir de la connaissance qui existe. » Valérie encourage les entrepreneurs à investir du temps dans la formation fondamentale. Cette discipline différencie les projets sérieux des opportunistes.

Son deuxième conseil concerne le marché femtech et deep tech. « Tout le monde fait de l’IA aujourd’hui. Les gens ont du mal à comprendre tout ce qu’il y a derrière. » Beaucoup de structures se montent en surface avec le buzzword IA. Toutefois, elles n’ont pas de vraie valeur technique.

Pour se différencier, il faut construire des fondations solides. Comité scientifique. Validation réglementaire. Hébergement sécurisé. Conformité RGPD stricte. Cette rigueur rassure les clients. Elle crée une barrière à l’entrée contre les acteurs superficiels.

Enfin, Valérie insiste sur la patience. « On est une petite dizaine. L’objectif principal, c’est de venir consolider l’équipe. » Dix ans sans lever de fonds. Croissance lente mais rentable. Cette trajectoire tortue plutôt que lièvre garantit la pérennité.

 

Valkuren intelligence artificielle Bruxelles

À propos de Valérie Zapico

Valérie Zapico est fondatrice et PDG de Valkuren depuis fin 2014, deep tech bruxelloise spécialisée en big data et intelligence artificielle. Statisticienne de formation passée par l'aéronautique toulousain, elle a évolué dans plusieurs grandes corporations IT avant de créer sa société de conseil puis Valkuren. Elle dirige aujourd'hui une équipe paritaire de dix personnes avec la mission de valoriser les données industrielles et de renforcer la souveraineté numérique européenne.

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